The « Parliamentary Wedding »:Rhetoric, Semiotics and Law. Convincing in a case of societal justice

Le contexte choisi est celui de l’ultime séance de débat à l'Assemblée nationale française le 23 avril 2013, avant le vote établissant dans le droit le « mariage pour tous » compris comme œuvre de justice sociétale. Cette nouvelle loi sera la réalisation majeure du gouvernement socialiste de l’...

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Detalhes bibliográficos
Autor: Bertrand, Denis
Formato: artículo
Estado:Versión publicada
Fecha de publicación:2024
País:Brasil
Recursos:Universidade de São Paulo (USP)
Repositorio:Estudos Semióticos
Idioma:francés
OAI Identifier:oai:revistas.usp.br:article/218950
Acesso em linha:https://revistas.usp.br/esse/article/view/218950
Access Level:acceso abierto
Palavra-chave:Justesse
Sémiotique
Rhétorique
Discours juridique
Genre
Judiciaire
Épidictique
Délibératif
Fairness
Semiotics
Rhetoric
Legal discourse
Judicial
Epidictic
Deliberative
Descrição
Resumo:Le contexte choisi est celui de l’ultime séance de débat à l'Assemblée nationale française le 23 avril 2013, avant le vote établissant dans le droit le « mariage pour tous » compris comme œuvre de justice sociétale. Cette nouvelle loi sera la réalisation majeure du gouvernement socialiste de l’époque. Alors même que le résultat du vote est acquis compte tenu de l’état des forces politiques et de la domination de la gauche, le débat préalable a lieu avec toute la force de ses arguments contradictoires. On analyse alors quelques courts extraits des discours prononcés à la tribune par des députés favorables ou opposés à cette loi, en nous interrogeant sur la pertinence d’un tel débat dont on sait que l’effet pragmatique sera nul. Cet épisode remarquable nous conduit à interroger les trois piliers de la rhétorique classique — les « genres » judiciaire, épidictique et délibératif — du point de vue sémiotique de la véridiction et sur l’horizon du discours juridique dans le rituel législatif fondateur du Droit. Ce discours, loin d’être exclusivement concerné par le genre judiciaire, se situe plutôt à la croisée de la célèbre tripartition générique. Entre vérité attestée (le judiciaire), vérité exaltée (l’épidictique) et vérité projetée (le délibératif), c’est dans l’entrelacs du pathémique que le discours du Droit construit ses modalités d’énonciation pour imposer ses énoncés normatifs et contribuer ainsi à l’édification du collectif. Notre hypothèse consiste alors à chercher dans ce syncrétisme générique la raison de la pertinence des prises de parole politico-juridiques « de circonstance » : leur visée, loin de l’effet pragmatique primaire d’un succès dans les urnes, serait de faire apparaître un « point de justesse » dont l’effet est de consolider le collectif et de contribuer à son institution à travers un rituel énonciatif qui semble à lui-même sa propre fin.