De la civilisation: Le musée impossible
Dans un bref essai intitulé «Musée», Georges Bataille (240) remarque la notoire insouciance des visiteurs dans les musées modernes, alors que les objets d’art composent à leurs yeux un miroir colossal où il est possible de se reconnaître dans ce que l’humanité contient d’admirable. L’observation est...
| Autor: | |
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| Tipo de recurso: | artículo |
| Estado: | Versión publicada |
| Fecha de publicación: | 2019 |
| País: | Argentina |
| Institución: | Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Técnicas |
| Repositorio: | CONICET Digital (CONICET) |
| Idioma: | francés |
| OAI Identifier: | oai:ri.conicet.gov.ar:11336/175759 |
| Acceso en línea: | http://hdl.handle.net/11336/175759 |
| Access Level: | acceso abierto |
| Palabra clave: | Film essai Civilisation León Ferrari Rubén Guzmán https://purl.org/becyt/ford/6.5 https://purl.org/becyt/ford/6 |
| Sumario: | Dans un bref essai intitulé «Musée», Georges Bataille (240) remarque la notoire insouciance des visiteurs dans les musées modernes, alors que les objets d’art composent à leurs yeux un miroir colossal où il est possible de se reconnaître dans ce que l’humanité contient d’admirable. L’observation est en partie juste mais en même temps, elle invite à ajouter quelques apostilles à propos du film sur l’art, et en particulier à propos du documentaire que ce travail va aborder : Civilización, film sur l’œuvre de l’artiste León Ferrari réalisé par Rubén Guzmán.[1] L’attitude de certains membres du public, lors de l’exposition rétrospective de l’œuvre de Léon Ferrari réalisée il y a quinze ans au Centre Culturel de la Recoleta (Buenos Aires, Argentina), est bien loin de l’abandon contemplatif que Bataille associe à ceux qui parcourent les salles des musées. L’attaque brutale d’une partie des œuvres, entreprise par un groupe appartenant à l’aile la plus conservatrice de l’Église catholique, s’est avérée un épisode digne d’être inclus au carrefour de l’histoire de l’iconoclastie et de l’histoire de l’art, toutes les deux partageant un fonds religieux que Ferrari abjura de manière catégorique tout au long de sa carrière.[2] Dans le documentaire, on trouve du matériel d’archive qui témoigne de la destruction qui –selon les déclarations de l’artiste— finissent par compléter les œuvres exposées, dans la mesure où cette destruction a été la manifestation même de l’anéantissement provoqué par le dogmatisme que ces mêmes œuvres aspirent à saper. Bref, comme le déclarait le personnage du musicologue Reger qui se rend tous les deux jours au même salle du musée d’art de Vienne pendant trente-six ans dans le roman Alte Meister de Thomas Bernhard, abjurer l’iconoclastie religieuse équivaut à abjurer l’histoire de l’art occidental presque dans sa totalité. En conséquence, Civilización invite à réfléchir sur cette étrange forme d’iconoclastie propre à Ferrari, qui abjure des images à travers des images qui s’inscrivent dans la même histoire qu’elles contredisent mais sans l’anéantir... |
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