Maroc, Chronique politique: De la Monarchie exécutive ou les apories de la gestion de la rente géostratégique

En 2004, le Maroc a clos la cinquième année de la « nouvelle ère ». La presse marocaine a profité de l’occasion pour présenter un bilan du règne de des principes, le manque de lisibilité des processus de prise de décision et la précarité ou le déficit d’institutionnalisation des instances et des act...

Descripción completa

Detalles Bibliográficos
Autor: Desrues, Thierry
Tipo de recurso: artículo
Fecha de publicación:2012
País:España
Institución:Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC)
Repositorio:DIGITAL.CSIC. Repositorio Institucional del CSIC
OAI Identifier:oai:digital.csic.es:10261/54743
Acceso en línea:http://hdl.handle.net/10261/54743
Access Level:acceso abierto
Palabra clave:Morocco
United States
Great Middle East
Sahara
Civil society
Transitional Justice
Party of Justice and Development
Justice and Development Party
Marruecos
Estados Unidos
Sociedad civil
Justicia transicional
Partido de la Justicia y el Desarrollo
Descripción
Sumario:En 2004, le Maroc a clos la cinquième année de la « nouvelle ère ». La presse marocaine a profité de l’occasion pour présenter un bilan du règne de des principes, le manque de lisibilité des processus de prise de décision et la précarité ou le déficit d’institutionnalisation des instances et des acteurs qui concourent à la représentation de la souveraineté populaire 4. Mohamed VI qui apparaît marqué du sceau de la réforme 1. Si certaines plumes n’ont pas dérogé à la tentation apologétique, tel H. Aourid 2, l’état des lieux est en général nuancé, selon que les analyses mettent l’accent sur les réalisations ou sur les carences de la « transition démocratique » ; ce qui, en soi, est un indice des progrès chaotiques, au gré de la fixation des lignes rouges, vers la consolidation d’une opinion publique. Les avancées vers la démocratie et la modernité au nom de la réforme du Code de la famille et de la création de l’Instance Équité et Réconciliation (IER) contrastent avec les critiques qui portent principalement sur le maintien de pratiques propres au mode de gouvernance makhzénien 3. Ce type d’exercice sortant du cadre qu’impose la chronique annuelle, il s’agira ici de présenter une sélection d’événements qui nous ont semblé saillants tout en les situant dans une trajectoire, afin, dans la mesure du possible, de dégager ou non des régularités. Les principes, à défaut de développements, qui articulent le projet politique et les choix de société divulgués par les discours du roi, se résument à l’édification d’un Maroc uni, démocratique, solidaire, ouvert et développé dans le cadre d’une monarchie exécutive qui règne et gouverne. Tels sont les termes d’une équation qui se prête à la confrontation avec les événements, mais dont la solution demeure du domaine de l’incertitude, vu la généralité. Ces apories de la Monarchie exécutive (attentisme et implication) conduisent de nombreuses analyses à insister sur le risque que court le régime de subir les changements imposés par l’évolution de la société, les attentes de ses alliés occidentaux et des bailleurs de fonds, les conséquences non souhaitées des processus en cours, les imprévisibles catastrophes naturelles ou encore les éventuels revers dans la gestion de la « cause sacrée » du Sahara. Durant le règne précédant, la Monarchie a su faire preuve de pragmatisme pour asseoir son hégémonie intérieure en se conciliant des appuis extérieurs 11. Dans quelle mesure maintient-elle sa capacité à articuler avec succès la gestion de la rente géostratégique et l’évolution des conditionnements politiques intérieurs en vue de renforcer son rôle central ? L’analyse de l’année 2004 s’inscrit dans ces questionnements tant la gestion du pays semble relever de son adéquation avec le « temps mondial ».